A propósito de Cuba
Cuba — 26 Décembre 2011

Cuba
Résumé
- Langue officielle : espagnol
- Monnaies : peso cubain (cup) et peso cubain convertible (cuc)
- Capitale : La Habana
- Superficie : 110 860 km²
- Population (2012) : 11 075 244 habitants
- Densité (2011) : 100 habitants/km²
Entrée/sortie
Le visa d'entrée à Cuba peut s'acheter dans l'aéroport, juste avant l'embarquement et coûte us$15. A la sortie de l'île, il faut payer une taxe de cuc$25 par personne. Prévoyez donc cette somme avant de quitter le centre.
Monnaie
A Cuba il y a deux monnaies : la « moneda nacional » (mn$) ou « peso cubano » et la « peso convertible » (cuc$), aussi appelée « divisa » ou « CUC ». La première est la monnaie des Cubains, l'autre, celle des touristes. Le CUC est, étrangement, aligné sur le dollar et 1 CUC vaut 24 pesos cubanos.
« Casas particulares »
Les « casas particulares » (maisons particulières) sont l'alternative à l'hôtel. Une chambre d'hôtel en plein cœur de la Havane peut coûter jusqu'à cuc$130 alors que dans une de ces maisons tenues par des Cubains la nuit oscille entre cuc$15 et cuc$25 selon la saison, la ville et la commission. Elles sont parfois équipées de la climatisation, cuisine, salle de bain et on bénéficie en prime des connaissances de l'hôte local. Ce dernier doit payer un impôt à l'Etat s'élevant à cuc$150 par mois que le logement soit loué ou non.
Commission
En permanence, lorsque l'on marche dans les rues de Cuba, nous sommes interpellés par des Cubains nous demandant ce que nous cherchons et proposant à l'avance de nous emmener dans un restaurant, une casa particular, un endroit où acheter des cigares, etc. Il faut savoir qu'à chaque fois que vous vous faîtes mener quelque part et que vous achetez quelque chose, votre guide prend une commission sur votre bourse. Ainsi, si le prix de base d'un logement est de cuc$15 mais que quelqu'un vous a indiqué l'adresse, vous paierez cuc$20.
¡Huele a trampa!
A chaque fois qu'un Cubain vous invite à entrer dans sa maison pour discuter, prendre un café, boire un verre de rhum, demandant de quel pays vous venez, cela sent l'arnaque à plein nez ! Ils ne vous laissent pas partir sans vous demander quelques pesos, d'acheter pour eux du lait ou autres vivres de base.
« Paladares »
Depuis quelques années les Cubains ont le droit de créer leur propre commerce. Certains ouvrent des « paladares » (littéralement « palais », un restaurant particulier). Ils sont réputés pour leur bonne cuisine mais sont parfois plus onéreux que les restaurants d'Etat.
« Guagua »
Les Cubains utilisent la « guagua » (le bus) pour se déplacer en ville. Comme toujours, il y a des bus pour Cubains et des bus pour touristes. Les premiers coûtent entre mn$0,20 (20 quilos) et mn$0,40 par trajet tandis que les seconds sont à cuc$3 pour un trajet aller/retour. Les bus de touristes s'empruntent dans le centre alors que les bus cubains se prennent un peu plus loin. On rencontre peu, ou pas d'étrangers dans les autobus en moneda nacional.
« ¿Ultimo? »
Il y a beaucoup de files d'attentes à Cuba et dès qu'on s'en approche, on entend les Cubains dire : « ¿último? » (dernier ?). C'est le moyen de savoir qui est le dernier d'une file pas toujours bien formée afin d'y attendre son tour.
« Libreta »
C'est un carnet de rationnement qui aide à l'organisation de la distribution des denrées communes (riz, haricot, sucre, huile, cigares, etc.) et que seuls les Cubains possèdent. Il leur permet d'acheter moins cher une certaine quantité de vivres par mois et dans certaines boutiques. Il y a quelques années, tout s'achetait avec ce carnet car tous les produits appartenaient à l'Etat. Maintenant, seuls les produits de base sont rationnés.
Les Cubains ont le droit à 5 livres de riz par personne et par mois sur le compte de leur libreta. Cela leur coûte alors mn$1 la livre. S'ils ont besoin de plus (c'est souvent le cas), il faut acheter dans des marchés pour mn$5 la livre.
« Leche »
A Trinidad, on trouve du lait dans tous les magasins dont les prix sont en CUC (boutiques pour touristes) mais il coûte assez cher (cuc$2,40/l) et est quasiment inabordable pour les Cubains. Ces derniers peuvent se procurer 1 litre par jour et par personne, grâce à la libreta pour les enfants de 0 à 7 ans ou pour les adultes de plus de 60 ans. Pour les autres Cubains ou les étrangers voulant vivre la vie cubaine, il faut se résigner à acheter du lait en poudre ou, plus facile, s'en priver !
La quête du lait est moins périlleuse à Santiago de Cuba où les vendeurs de lait passent certains soirs.
Qui vole un oeuf vole un boeuf
Et qui possède un boeuf, ne peut pas en vendre la viande. Les Cubains propriétaires de vaches n'ont qu'une seule option : vendre leurs bêtes à l'Etat, sous peine de, selon les dires, faire un tour par la case prison.
Coût de la vie
Pour les Cubains, tout est beaucoup moins cher que pour les touristes. Cependant, le salaire minimum cubain est de mn$225 mensuels soit cuc$9, le prix d'un repas dans un restaurant de la Habana Vieja. Nous avons rencontré des pères de famille dont les salaires s'élèvent respectivement à mn$370 et mn$500.
Les Cubains ne payent rien pour leur logement (ni loyer, ni impôt), rien non plus pour l'éducation de leurs enfants et les soins médicaux. Ils leur reste donc à payer les transports, la nourriture, les vêtements, etc. Ces revenus sont insuffisants pour boire un mojito à cuc$3 (mn$75) à la terrasse d'un café dans le centre de Santiago mais cela suffit pour vivre une vie modeste avec une sortie de temps en temps pour boire et danser.
Le mojito est la boisson typique cubaine.
Faux. Les Cubains ne boivent jamais les fameux cocktails mojito, Cuba libre ou daiquiri dont on pense souvent qu'ils sont typiques du pays. Ils sont très chers pour leurs petits salaires et seulement destinés aux touristes. Eux se contentent de bière ou mieux, de « ron » (rhum), parfois « Havana Club », ou à défaut, d'un rhum en brique comme le « Planchao », meilleur marché.
Cuba, paradis du palais, entre fruits et langoustes.
Faux. A Cuba et selon la ville où l'on se trouve, il est parfois difficile de se procurer certains produits et on est souvent confrontés au « no hay » (il n'y pas). Dans les villes moyennes comme Trinidad, il y a des jours où l'on ne trouve plus aucune banane. Le lendemain, il y a des bananes mais plus d'orange, des oranges mais plus de citron et ainsi de suite. Ajoutons à cela que les produits sont souvent vendus par différents petits commerçants, au bord de la rue et que chacun vend des choses différentes. Faire les courses devient vite un véritable jeu de piste !  Pour ce qui est des fruits de mer comme la langouste que viennent souvent chercher les voyageurs, on ne les trouve que dans les restaurants destinés aux étrangers et elle est souvent vendue très cher. Pour le touriste qui voyage d'hôtel en hôtel, la vie est différente. Ces établissements disposent de beaucoup plus de produits importés.
Les Cubains manquent de tout.
Vrai. Ils peuvent se procurer des produits d'hygiène de base (savon, dentifrice, shampoing) en moneda nacional mais ceux-ci sont de piètre qualité. De même pour le café, si Cuba est producteur, les habitants de l'île n'en voient pas tellement la couleur. L'Etat leur en fournit une petite dose grâce à la libreta mais c'est un café coupé à moitié avec de la poudre de pois-chiches. Pour avoir des bons produits il leur faudrait les payer en CUC mais ce n'est pas toujours possible.
Si vous allez à Cuba, vous pouvez apporter les petites choses suivantes et les laisser avant de rentrer : produits d'hygiène, thé et café, sacs plastiques, etc. Ils apprécieront aussi vos t-shirts ou jeans usagés et autres produits qu'ils ne peuvent pas trouver comme des CD de musique.
Uniforme scolaire
Tous les étudiants des écoles primaires, collèges et lycées doivent porter un uniforme. Il varie selon l'établissement et le niveau de l'élève. Pour les filles, c'est jupe chemisier et gilet. Pour les garçons, pantalon, chemise et gilet. Les enfants doivent, en principe, cirer leurs chaussures chaque jour.
Une manière simple et rapide de mettre tout le monde au même niveau.
Moyens de transports.
- Bus : le principal moyen de transport sur l'île qui coûte un peu cher mais le service est de bonne qualité. Pas un seul Cubain à bord, seulement des touristes.
- Taxi : il est possible d'emprunter un taxi pour voyager de ville en ville. En général c'est plus cher que le bus mais il arrive qu'un chauffeur qui a fait un long trajet vous fasse une belle réduction si vous allez dans sa ville d'origine, lui payant ainsi le voyage retour.
- Train : le train français (offert à Cuba par la France) ou le train régulier. Le premier va plus vite et est plus confortable mais aussi plus cher. Le second s'arrête dans chaque gare et l'odeur y est parfois nauséabonde mais vous voyagerez uniquement avec des Cubains. Le voyage Santiago – Havane dure 20 heures; expérience garantie.
- Avion : surtout utile pour ceux qui veulent faire le voyage de Santiago à la Havane. Le plus rapide et confortable mais aussi la solution la plus onéreuse.
« ¿Taxi? »
A n'importe quelle heure de la journée, le touriste est harcelé par des taxis de toutes sortes :
- « Bici-taxi » : une carriole avec deux siège tirée par un Cubain qui pédale dur pour vous emmener à bon port. Selon le trajet, entre cuc$1 et cuc$2 pour les touristes et mn$15 pour les locaux.
- « Coco-taxi » : une mobylette déguisée en noix de coco jaune et équipée de deux ou trois sièges.
- « Coche americano » : une vieille voiture américaine qui vous transporte sur des courts trajets pour seulement mn$10 par personne. La classe, bien que certains n'aient pas de fenêtre. Bien vérifier avant de faire un long trajet dans une de ces jolies berlines.
- « Taxi oficial » : le taxi classique, le même que dans toutes les villes du monde. Assez cher !
« Pinches carreteras »
Les routes cubaines sont plutôt sûres, pas de vols, de braquages, même de nuit. En revanche elles ne sont jamais éclairées, pleines de trous et bien souvent des animaux ou des cyclistes peuvent surgir du noir d'une seconde à l'autre. S'aventurer sur ces pistes défoncées demandent du courage, de la patience et de l'endurance.
Cuba a le cafard
Les rues des grandes villes sont remplies de cafards morts, écrasés, parfois agonisants. Les survivants sortent le soir, à la fraîche. Attention où vous mettez les pieds !
« Acento cubano »
L'accent cubain est un peu particulier et plutôt rigolo. Ces derniers paraissent ne pas avoir appris à rouler les « r » comme c'est de coutume dans la langue espagnole. Le résultat est quelque peu étonnant. Au lieu de « ¿Ayer, no fueron a bailar? », on entend « ¿Ayel, no fuelon a bailal? ».
De manière générale, ils ne prononcent pas certaines dernières lettres. Ainsi, « vamos » devient « vamo », « cómo te llamas » se change en « cómo te llama » et ainsi de suite.
Plus drôle encore, en « cubain », le nom de l'acteur « Javier Bardem » s'écrit « Javiel Valden ». Un bon gros mélange.
Témoignages sur la politique cubaine
Les jeunes Cubains pensent que le régime politique en place est une dictature. Ils disent que les Cubains sont exploités par un gouvernement qui travaille pour lui-même et non pour ses citoyens. Ils nous racontent que les systèmes scolaire et médical sont censés être gratuits mais qu'en vérité, pour obtenir un service de bonne qualité, ils finissent toujours par devoir payer. Un médecin que l'on ne paie pas ne va pas forcément trouver le bon remède, donner les bons médicaments.
La génération qui a vécu le capitalisme dit qu'il y a de bonnes choses dans le communisme. Eux font l'éloge du système éducatif. En effet, dans une famille modeste dont la mère est femme de ménage, les deux enfants peuvent faire des études universitaires en informatique et médecine sans débourser un peso. Un retraité ironise en disant qu'ici on peut se faire changer le coeur sans rien devoir à personne.
Jeunes et moins jeunes admettent qu'ils sont pauvres, mais plus ou moins égaux. Selon eux, personne ne meurt de faim à Cuba et inversement, personne, parmi le peuple, n'est trop doté.
Les Cubains peuvent parler librement aux étrangers.
Plutôt faux. Parfois, quand nous marchons avec un Cubain, les policiers lui demande son « carné de identidad » (carte d'identité). C'est une forme de protection des touristes, pour qu'ils ne soient pas embêtés par les locaux. Ces derniers nous briefent; nous devons dire que ce sont des amis de longue date et l'agent nous laisse en paix. Plusieurs Cubains nous disent qu'ils n'ont pas le droit de parler en mal du pays et qu'ils risquent la prison si un agent du gouvernement ou un policier les entend.
Les Cubains sont coupés de la réalité du monde.
Plutôt vrai. Dans le journal, il y a peu d'informations sur l'étranger. On trouve quelques articles sur les problèmes qui surgissent dans le monde mais il y a surtout des nouvelles nationales. L'Etat, qui gère la diffusion de l'information, ne laisse paraître que l'information positive. Un Cubain nous raconte : « Ici, on a les mauvaises nouvelles de l'étranger, et les bonnes nouvelles de Cuba ».
A la télé, aucune chaine ne diffuse de nouvelles de l'étranger. Pour s'en procurer, certains Havanais piratent une chaîne américaine, mais attention au retour de bâton si quelqu'un s'en aperçoit; ce peut être synonyme de prison.
Les Cubains n'ont souvent aucune idée du traitement des étrangers dans leur propre pays. Ils sont très surpris d'apprendre le prix que paient les touristes pour louer une chambre, le prix des transports en commun, ce qu'il faut payer pour boire un mojito à la terrasse d'un bar du centre-ville. Ils aiment à dire qu'ils payent très cher pour acheter des aliments de base mais ne savent pas qu'un voyage à Cuba est un voyage onéreux pour les étrangers.
Cuba est privée d'internet.
Plutôt vrai. Avoir un accès internet à Cuba peut se révéler difficile. En général, on peut acheter des cartes dans les grands hôtels mais ces derniers sont parfois pris d'assaut par les touristes en manque.
Pour accéder au réseau mondial, il faut compter pas moins de cuc$6 pour 1h, voire même cuc$4 pour 15min dans certains endroits. Des prix inaccessibles à la plupart des Cubains.
En plus de la difficulté d'accès, l'internet est très surveillé à Cuba. Selon témoignage, les courriers contenants des termes sensibles sont parfois lus et les comptes e-mail bloqués pendant plusieurs jours.
Les Cubains ne peuvent pas sortir de l'île.
Vrai et faux. Si ils aiment à dire « somos presos de la isla » (« nous sommes prisonniers de l'île »), ce n'est pas vrai pour tous. Un Cubain peut voyager à l'étranger s'il dispose d'une carte d'invitation qui lui a été envoyée par un étranger (ce dernier la fait faire par un avocat dans son pays) et révisée par les ambassades d'origine et de destination. Un certain nombre de Cubains ont ou peuvent obtenir une double nationalité grâce à un de leur parent; c'est aussi un passeport assuré pour l'étranger. Pour les autres, pas de miracle. Ils peuvent voyager à Cuba mais pas plus loin.
Les Cubains ne sont pas propriétaires.
Faux. Avant, les Cubains n'étaient en effet pas propriétaires de leur maison. Les logements appartenaient au gouvernement et ils y habitaient sans payer de loyer.
Maintenant, les Cubains ont le droit d'échanger, voire même de vendre leur biens immobiliers et donc de déménager dans d'autres villes de l'île, ce qui était alors impossible.
Voyager à Cuba
Avant de voyager à Cuba, voici quelques informations qu'il est utile d'avoir :
- Pour rejoindre la Havane depuis l'aéroport, pas d'autre moyen que le taxi. On vous dira que cela coûte cuc$25 mais cela peut se négocier à cuc$20.
- Changer de l'argent en CUC à l'aéroport revient assez cher. Changez donc uniquement le nécessaire pour le taxi et rechangez à l'arrivée au centre-ville.
- Pour rejoindre l'aéroport depuis le centre de la Havane vous pouvez négocier un taxi officiel à cuc$15.